L'équipement de l'intervenant armé


Quelque soit la mission qui lui est confiée (Policier national ou municipal, Gendarme, Technicien Opérationnel de Protection Rapprochée, Agent de Sécurité Renforcée "B", etc...), délors qu'un opérateur armé est confronté à un risque de blessure par balles (y compris par accident), il semble évident qu'il doit disposer de trois moyens essentiels pour survivre :

- Une arme individuelle :  

Un tir (dans le respect des conditions de la légitime défense / des règles d'engagement) est encore le meilleur moyen d'éviter une blessure par balles sur soi-même ou sur autrui. A condition d'être bien formé et rigoureusement entrainé.

Je ne parlerai pas ici du type d'arme. Il ne faudra cependant pas oublier que, dans un contexte de risque terroriste très élevé et face à des menaces très variées, cette arme individuelle devrait, dans l'idéal, donner la capacité de neutraliser instantannément tout individu, même porteur d'une protection balistique.

(c) SL / Actu Paris

Sans rentrer dans les détails, rappelons juste que certaines munitions ont la capacité de perforer les gilets pare-balles courants (classe NIJ IIIA).

- Un gilet pare-balle adapté : 

Face à l'utilisation récurrente d'armes de guerre (7,62 mm x 39 Kalashnikov notamment) par les terroristes et par les gangs, une protection de classe IV est la seule réponse adaptée. 

Facile à dire, moins facile à porter au quotidien, surtout lorsqu'on partrouille en véhicule (compter 7 à 8 kg pour 2 plaques NIJ IV, 2 plaques anti-trauma et le porte-plaques). Tout est question de compromis.

- Un moyen d'intervention précoce contre l'hémorragie :

C'est l'objet de cet article.

Aux USA, les "trauma kits" dédiés aux forces de l'ordre et de sécurité privée sont entrés dans les moeurs depuis longtemps. A tel point qu'ils portent les noms évocateurs de "Individual Police Officer Kit" (IPOK) ou "Individual Security Officer Kit" (ISOK)...

Par extension, toute personne travaillant dans un environnement sécuritaire précaire (en ce sens que tout peut basculer en une fraction de secondes) devrait disposer d'un tel kit.

Que contient-il ? 

La particularité de ce kit est la redondance de certains systèmes, qui permet ainsi de traiter plusieurs blessés. A titre de comparaison, on pourra consulter l'article du 04 avril 2020 sur le trauma kit du citoyen.

- Garrot tourniquet SICH ou CAT Gen 7 : arrêter les hémorragies massives des extrémités. Il est recommandé de le porter en dehors du trauma kit, à portée des 2 mains, tout comme les gants en Nitrile.

https://acrlearning.blogspot.com/2019/10/cest-quoi-ce-truc-2.html

- Garrot SWAT-T : même fonction, mais peut être utilisé également pour d'autres applications (serrer un pansement compressif, réaliser une atèle...).

https://acrlearning.blogspot.com/2020/04/secourisme-13-le-garrot-swat-t.html

- Pansement compressif à bague FIRST CARE T3 : traiter les saignements abondants. Probablement le meilleur ratio polyvalence / encombrement.

https://acrlearning.blogspot.com/2020/02/secourisme-10-le-pansement-compressif-t3.html

- Pansement individuel DKR Medical : traiter certaines plaies graves qui ne sont pas des saignements abondants. Peut faire office de pansement compressif efficace s'il est fixé à l'aide du SWAT-T.

https://acrlearning.blogspot.com/2019/10/mais-quest-ce-quil-y-la-dedans-1.html

- Gaze compressée H&H : arrêter les hémorragies massives des jonctions (zones non accessibles aux garrots) par application d'un mêchage (Wound Packing).

https://acrlearning.blogspot.com/2019/10/cest-quoi-ce-truc-1.html

- 2 compresses WOUNDCLOT : même objectif, sur des plaies relativement peu profondes.

- 2 pansements thoraciques occlusifs HALO SEAL : traiter les plaies soufflantes au thorax.

- 4 compresses stériles : nettoyer et libérer les Voies Aériennes Supérieures et nettoyer les plaies soufflantes au thorax.

- 2 couvertures isothermes : prévention précoce de l'hypothermie, qui est un facteur aggravant des hémorragies.

- 1 paire de ciseaux type GESCO : si on a le temps et que la situation le permet, les vêtements seront découpés avant la pose d'un garrot. C'est un impératif pour poser un pansement compressif.

- 4 paires de gants Nitrile (2 bleues, 2 noires) : protection contre les infections croisées. Les gants bleus permettent une recherche de saignement plus efficace. Les noirs répondent plutôt à une situation tactique incertaine.

- Flacons de Biseptine / Sérum physiologique : on n'est pas vraiment dans le "trauma", mais si la situation tactique l'autorise (menace neutralisée), ils permettent, en l'attente des secours, de reconditionner certaines blessures légères de manière préventive.

- 1 feutre marqueur SHARPIE : pour noter l'heure des gestes de secours pratiqués, sur la fiche blessé et sur la victime elle-même.

- 1 masque pour insufflations : protection ! Rappel : dans un contexte de crise sanitaire ou délors qu'il y a un risque de contamination, le sauveteur n'est pas obligé de pratiquer les insufflations lors d'une RCP (réanimation cardio pulmonaire).

 

Le tout tient sans forcer dans une trousse MAXPEDITION. 

Certes, ce kit est assez volumineux (20 x 15 x 10 cm, pour 950 g) mais il est conçu pour des professionnels en tenue, qui sont dejà porteurs d'un équipement conséquent. Bien positionnné (à portée de main), il ne gênera pas son utilisateur.

Et les professionnels en civil pourront toujours le porter dans une petit sac à dos adapté.

Comme pour chacun de mes articles sur le sujet, je recommande vivement de se former à l'utilisation de ces produits. Sinon ça n'a pas vraiment de sens.

Ces formations sont accessibles à tous les publics.

Merci à "Ben", qui se reconnaîtra, pour le prêt du patch "PM" et à tous ses collègues pour leur engagement quotidien.

#Secourismeensituation

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